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Jardins collectifs et pédagogiques de la Métropole.

Conférence  aux Assises par Silvia Pelegri Pedret et Pauline Campesato (Équipe Agenda 21, Direction du Développement Durable, Service de l’Environnement, Métropole Nice Côte d’Azur)

La Métropole Nice Côte d’Azur comprend 49 communes, dont Nice est la ville principale, et 550 000 habitants. Elle est engagée dans une démarche de développement durable, concrétisée dans son Agenda 21.

La Métropole Nice Côte d’Azur accompagne les communes désireuses de créer des jardins collectifs et pédagogiques sur leur territoire, par le biais:

  • D’une assistance à maîtrise d’ouvrage. Pour exemple, la rédaction d’une proposition de convention de mise à disposition et de règlement intérieur généraliste qui peut être adaptée à chaque projet particulier.

  • D’un soutien financier, notamment dans le cadre de l’Appel à projets (AAP) Agenda 21 métropolitain, à destination des communes inscrites dans cette démarche. Son objectif est d’encourager les projets de grande qualité en matière de développement durable et de participer au développement local des territoires. Les éditions 2015 à 2018 de l’AAP ont permis de subventionner 18 projets en rapport avec les jardins collectifs et pédagogiques, portés par 12 communes du territoire et le SIVoM Val de Banquière, pour un total de 60 385 €.

Les jardins collectifs (familiaux, partagés, d’insertion et solidaires) et pédagogiques sont des espaces investis d’une mission de développement durable selon ses trois composantes – environnementale, sociale et économique. Ils constituent l’un des maillons de la biodiversité urbaine, une source d’échanges de savoirs, de bonnes pratiques et de moments festifs entre les habitants, et un outil de lutte contre la pauvreté offrant un complément de ressources.

La Métropole Nice Côte d’Azur a souhaité, dans le cadre de son Agenda 21, encourager la création de jardins collectifs et pédagogiques sur son territoire. Elle a alors établi, en août 2015, un état des lieux qui est mis à jour chaque année. Ainsi, en août 2017, il existait sur le territoire métropolitain au moins 160 jardins, dont : 40 jardins collectifs (22 familiaux, 16 partagés, 1 d’insertion, 1 solidaire) répartis sur une surface de plus de 90 600 m² et 16 communes et 125 jardins pédagogiques répartis sur une surface de plus de 14 600 m² et 16 communes.

Contact : agenda21(à)nicecotedazur.org

Site : http://www.nicecotedazur.org/

Introduction à la permaculture

par Jade Journeaux, Association Permacultive1

La permaculture, au delà d’une technique de jardinage

Souvent réduite à une technique de jardinage écologique, la permaculture est la contraction des termes anglais PERMANENT-AGRICULTURE.

Née de l’observation de la nature et des communautés humaines préindustrielles, la permaculture a commencé par imaginer des systèmes agricoles stables et éthiques, moins énergivores, moins mécanisés, et non polluants. La permaculture invite à une vision systémique des systèmes agricoles: en prenant en considération les intrants et les sortants d’un système, elle vise la résilience, la stabilité et la production abondante de nourriture, de matériaux et de fibres textiles sans épuiser les ressources planétaires. C’est à partir des premiers Cours Certifiés de Permaculture (ou  »Permaculture Design Course » en anglais) enseignés par les fondateurs du mouvement en Australie que d’autres aspects de la vie humaine ont commencé à  prendre une importance fondamentale dans la descente énergétique et la transformation de la société. Tous les besoins humains peuvent être reconsidérés avec la permaculture et nécessitent indéniablement une transformation pour permettre la survie de l’humanité sur une planète aux ressources limitées. La permaculture devient alors  »culture de la permanence ». « La permaculture n’est pas seulement une autre façon de jardiner, c’est une autre façon de concevoir et d’agir sur le monde, un changement philosophique et matériel global, en même temps qu’un ensemble de stratégies de résilience face aux métamorphoses, sinon aux effondrements qui s’annoncent. » Yves Cochet.

Aux origines

C’est en Australie, à la fin des années 70, qu’apparaît le terme  »permaculture ». Ses fondateurs Bill Mollison et David Holmgren publient un premier livre en 1978 (permaculture one). Masanobu Fukuoka, agriculteur japonais a fortement inspiré les fondateurs avec ses concepts d’agriculture naturelle et de non-agir : La révolution d’une seul brin de paille est un livre de référence pour les permaculteurs.

Les éthiques et les principes

Au cœur de la permaculture se trouvent 3 éthiques, valeurs fondamentales qui guident la réflexion et l’action. Ces éthiques nous invitent à explorer nos besoins humains et à reconsidérer nos liens avec la Terre et tous les organismes vivants, invisibles ou non, de manière harmonieuse et respectueuse du vivant. Les principes de conception, eux, nous guident vers cette transformation sociétale. Ils peuvent être appliqués universellement à l’échelle personnelle, économique, sociale et politique, pour hâter le développement d’une utilisation soutenable des terres et des ressources. Ce sont de courtes déclarations que l’on peut retenir sous la forme d’un aide mémoire pour aider aux choix inévitablement complexes pour la conception et l’adaptation des systèmes écologiques de subsistance.

contact : contact@permacultive.org site : https://www.permacultive.org

L’association permacultive a pour but de diffuser, valoriser, transmettre et enseigner les éthiques, les principes et les méthodes de conception de la permaculture dans les Alpes-Maritimes par le biais de Cours Certifié de Permaculture et d’ateliers.

Jade Journeaux enseigne des introductions à la permaculture depuis 2013 et développe des jardins pédagogiques à Nice pour petits et grands pour faciliter l’apprentissage par l’action.

Impact des enjeux écologiques et climatiques sur l’alimentation en eau de la Métropole Nice Cote d’Azur en rive gauche du Var

Luc Allard (Directeur général de la Régie Eau d’Azur, Métropole Nice Côte d’Azur)

Le littoral métropolitain en rive gauche du Var bénéficie historiquement d’une ressource en eau abondante et de grande qualité. Il le doit à sa position au pied des montagnes du Mercantour, ainsi qu’aux grands travaux réalisés par nos prédécesseurs au XIXème siècle, en l’occurrence la construction d’un canal de 30 km de long prélevant l’eau de la Vésubie à Saint Jean la Rivière, pour l’amener jusqu’à la colline de Rimiez.

Le canal reste la ressource en eau très majoritaire de la ville de Nice ainsi que des autres communes littorales métropolitaines en rive gauche du Var, et même de la Principauté de Monaco. Les champs captants de la nappe alluviale du Var (« Sagnes » et « Prairies ») complètent l’alimentation du réseau à l’ouest de Nice. Une puissante installation de pompage d’eau de surface du Var à l’embouchure du vallon du Roguez assure par ailleurs, depuis une trentaine d’années, le secours de l’alimentation des usines de traitement, en cas de défaillance ou d’entretien du canal de la Vésubie.

Carte : Ressources d’eau de la Métropole Nice Côte d’Azur en rive gauche du Var

Plusieurs éléments résultant des variations du climat ou des mesures de maintien de la biodiversité modifient la disponibilité des ressources en eau. Ils ont amené la Métropole à engager un programme d’investissement majeur pour réorganiser l’alimentation du littoral en rive gauche du Var.

En premier lieu, le régime de la rivière Vésubie a évolué ces dernières années . Même si les séries chronologiques de débit sont difficiles à exploiter du fait de la suppression d’un point de mesure en 1971 et de la création d’un autre point en 2010, la tendance est celle d’une réduction des débits en été. Ce qui ressort néanmoins clairement de la dernière décade c’est un rapprochement de l’étiage du cours d’eau de la saison estivale, et de plus en plus tôt. Vraisemblablement lié à une fonte de neige plus précoce, ce phénomène rapproche la période des plus bas débits de celle des plus fortes consommations estivales.

Tableau : Occurrence des débits minimaux sur 3 jours consécutifs – station d’Utelle Pont du Cros (source DREAL Paca)

ANNEE

Date

2011

22 oct – 24 oct

2012

24 mar – 26 mar

2013

03 déc – 05 déc

2014

19 fév – 21 fév

2015

07 sep – 09 sep

2016

25 sep – 27 sep

2017

24 aou – 26 aou

L’année 2017 a révélé quant à elle une sécheresse prolongée dans les mois d’automne. Celle-ci a affecté la réalimentation naturelle de certaines sources en montagne et provoqué quelques tensions sur l’alimentation en eau lors des vacances d’hiver 2018 (cas de la station de ski de Colmiane par exemple).

En second lieu, pour maintenir la biodiversité dans la rivière Vésubie, le débit réservé laissé dans le cours d’eau à Saint Jean la Rivière a été doublé par arrêté préfectoral en 2014, dans la période de forte consommation d’eau estivale.

Enfin, pour limiter l’impact des crues à venir, et restituer l’écoulement naturel du Var, les barrages existants sont progressivement abaissés. A ce stade, le seuil n°8 face au vallon du Roguez est concerné. Le chantier d’abaissement en cours du seuil n°8 du Var compromet le fonctionnement de la prise d’eau de secours évoquée plus haut et impose des mesures alternatives de grande ampleur.

Ainsi, la nécessité de constituer un secours alternatif à la station du Roguez, la disponibilité moindre du canal de la Vésubie et, plus largement, la volonté de la Métropole de renforcer la sécurité de l’alimentation en eau nécessitent une profonde réorganisation du système d’alimentation en eau potable et des modes de gestion.

La reprise en régie du service public de l’eau à Nice et la création d’une régie personnalisée de l’eau sur 42 communes métropolitaines

L’urgence et l’ampleur des études et travaux à déployer, la grande hétérogénéité des moyens techniques, humains et financiers entre littoral et montagne ainsi que les interférences entre les deux secteurs ont amené la Métropole à renforcer la gouvernance du service de l’eau et concentrer les moyens dans un opérateur public unique – la Régie Eau d’Azur (REA) – présent sur l’ensemble du bassin versant hydrographique en rive gauche , de Saint Dalmas le Selvage à Cap d’Ail. L’association des compétences de maîtrise d’ouvrage et d’exploitant dans l’établissement public et son administration directe par les élus représentant les différents territoires autorise une grande réactivité. La mise en place de la régie a ainsi permis à la Métropole, depuis 2014, de doubler le rythme des investissements nécessaires, de surcroît avec une vision de long terme.

Concernant le système d’alimentation en eau, un programme exceptionnel d’investissement est engagé depuis 2015 en rive gauche du Var :

Des mesures d’économie d’eau dans le haut pays.

Des compteurs individuels sont déployés dans les deux tiers des communes du haut pays encore facturés au forfait, assortis de campagnes de recherche de fuite et du renouvellement des réseaux les plus fuyards. La seule tarification proportionnelle va ramener les consommations d’eau à des valeurs communes, vraisemblablement inférieures d’au moins un tiers aux prélèvements précédents. La démarche est suffisamment conséquente pour influencer à la marge le débit d’étiage de la Vésubie.

Une restructuration des ressources et des réseaux ainsi que des mesures d’économie d’eau, dans le secteur littoral/moyen pays.

En premier lieu, le projet consiste à diminuer la dépendance du littoral en rive gauche par rapport à la seule ressource Vésubie. Les capacités de prélèvement dans la puissante nappe du Var sont développées. Un nouveau champ captant verra le jour au Roguez dans les deux prochaines années, assorti d’un renforcement des capacités de pompage dans le champ captant des Prairies. Une modification des conduites de transport du réseau accompagne le dispositif, afin de mettre celui-ci en capacité de refouler les eaux des Sagnes et Prairies vers l’est et le nord-est du secteur littoral rive gauche. A l’échéance d’une dizaine d’années, celui-ci constituera un vaste secteur interconnecté capable d’être alimenté par la nappe du var ou par le canal de la Vésubie .

En parallèle, une mesure emblématique consiste à préserver et réhabiliter le canal de la Vésubie. Il s’agit de maintenir une deuxième ressource d’eau de qualité – qui plus est gravitaire – pour assurer la sécurité d’alimentation du littoral. Il s’agit aussi de supprimer les importantes pertes d’eau sur les 30 km du canal : en l’espèce, près de 10 % des volumes prélevés, soit de l’ordre de 5 millions de mètres cubes sont « perdus » chaque année . L’importance et la complexité des investissements et de leur réalisation ont repoussé ces travaux depuis des décennies, jusqu’à imaginer, il y a plus d’une dizaine d’années, d’abandonner le canal au profit des seules ressources du Var.

La volonté métropolitaine, assortie des nouvelles capacités apportées par la Régie Eau d’Azur, a permis d’engager ces travaux et notamment de réaliser l’une des étapes les plus délicates : la réhabilitation du canal sous le village perché de la Roquette sur Var. D’autres opérations seront programmées dans les secteurs plus « fuyards » du canal ainsi que des recherches de fuites et renouvellements conséquents sur le réseau de distribution.

Photo : accès du canal de la Vésubie dans le tunnel réhabilité de la Roquette sur Var

Conclusion

La Métropole Nice Côte d’Azur est confrontée comme ailleurs aux effets des modifications climatiques sur ses ressources en eau. Elle dispose encore de réserves significatives avec la nappe du Var, mais les adaptations de son système d’alimentation en eau seront très importantes et coûteuses dans les dix prochaines années. Au-delà de l’importance des travaux à réaliser, des modifications des comportements de consommation seront indispensables, tant de la part des usagers domestiques que des professionnels et des services urbains. La Métropole permet une coordination efficace des moyens parmi les activités dont elle exerce la compétence. Des pistes telles que l’adaptation des espèces végétales à des climats plus secs ou la réutilisation des eaux usées traitées 1 offrent des perspectives.

L’avenir verra également l’opportunité de réaliser l’interconnexion entre les deux rives du Var afin de ménager la possibilité d’un secours mutuel.

Enfin, l’enjeu de l’alimentation en eau potable reste indissociable de celui de la production d’énergie, compte tenu de la géographie métropolitaine. Les microcentrales hydroélectriques (tant sur l’eau brute que sur l’eau traitée) vont ainsi par exemple permettre à la régie Eau d’Azur de passer en configuration d’énergie positive dès 2019.

Évolution et professionnalisation de l’écoconstruction en France et en région SUD PACA.

Richard Lacortiglia (Association le Gabion)

Cette présentation va porter sur l’évolution de l’écoconstruction et la professionnalisation de cette approche en France et en région SUD PACA. Elle abordera les perspectives de développement de cette filière professionnelle et les freins à cette approche, en espérant que les objectifs de la réglementation écologique 2020 seront maintenus, et que les moyens de l’appliquer seront donnés aux entreprises. En complément, cette présentation mettra en avant la nécessité d’une politique impliquant concrètement les occupants dans les travaux et les mesures d’économies d’énergie de leur logement. L’approche technique et réglementaire actuelle est nécessaire mais elle ne parvient pas à traiter avec l’ampleur nécessaire la rénovation thermique du bâti existant.

Mon nom est Richard Lacortiglia. Toute ma vie a été consacrée avec mon épouse au social et au bâtiment. Nous avons créé il y a 25 ans cette année, l’association le Gabion, à Embrun dans les Hautes Alpes, qui gère un chantier d’insertion avec 17 salariés en contrats aidés et un centre de formation. Le Gabion est spécialisé en restauration du patrimoine et en écoconstruction ( http://gabionorg.free.fr/ ). Je vais résumer notre activité car c’est à partir de cette expérience de chantier décalée que je me fonde pour développer les propos qui vont suivre.

Dans le cadre du chantier d’insertion, nous avons beaucoup travaillé à la restauration de l’abbaye de Boscodon (Crots, Hautes-Alpes), pour laquelle nous avons réalisé les menuiseries, et à de nombreux chantiers patrimoniaux en maçonnerie pierre, enduits chaux, en charpente, en couverture ardoise, etc.. Il y a une très grande proximité entre le bâti ancien et l’écoconstruction et très naturellement avec nos formateurs et encadrants nous sommes allés vers ce que nous appelions la construction en matériaux naturels, c’est-à-dire utilisant des matériaux fournis par notre environnement depuis toujours : le mélèze de pays, la pierre, l’ardoise, le plâtre, la chaux, la paille, la terre. Nous nous sommes beaucoup intéressés à la construction en terre, briques et enduits, et nous avons été l’un des acteurs majeurs du développement (encore très modeste) de la construction « paille» en France.

Avec nos salariés, qui ne sont pas du bâtiment, nous avons construit pour notre association un bâtiment de 600m² (200m² sur 3 niveaux). Nous avons construit ce bâtiment expérimental en totalité par nous-mêmes avec principalement des matériaux de notre environnement immédiat : terre du site, paille des environs, pierres de la Durance qui coule à 50 m, mélèzes de la scierie pour l’ossature, la charpente, les planchers et une majorité des meubles.

Le bâtiment expérimental de l’Association Le Gabion, à Embrun

Ce bâtiment consomme environ 400€ de pellets par an pour le chauffage malgré une implantation dans un lieu particulièrement froid et masqué toute la matinée en hiver.

Dans le domaine de la formation nous avons organisé des formations courtes sur ces techniques pour les professionnels et les auto-constructeurs. Depuis 15 ans nous assurons, dans le cadre du Programme Régional de Formation, une formation diplômante « Ouvrier Professionnel en Restauration du Patrimoine » de 9 mois. Depuis 5 ans nous avons créé une autre formation diplômante sur le même modèle « Ouvrier Professionnel en Eco-Construction ». Nous accueillons environ 50 stagiaires par an sur ces deux formations. Ce sont des adultes en reconversion professionnelle, ayant souvent un niveau d’études élevé, qui ont pour projet de créer leur entreprise.

La prise de conscience sur les problèmes engendrés par notre manière de construire a commencé avec le choc pétrolier de 1973 qui a vu le prix du pétrole multiplié par 4. En 1974 une première réglementation thermique est créée. Cela a conduit, pour des raisons économiques et non écologiques, à introduire le double vitrage et une isolation de 10 cm dans les murs et de 20 cm en toiture et permis le recours au chauffage électrique. Les Réglementations Thermiques successives ont conduit à une réduction par trois de l’exigence réglementaire pour le bâtiment neuf et il faut s’en féliciter. La réduction de la consommation d’énergie conduit à une réduction de rejets de CO² et autres gaz à effet de serre. Ainsi, progressivement, les objectifs environnementaux se sont agrégés aux objectifs énergétiques, notamment avec le Grenelle de l’environnement. Mais l’approche est restée très technique et réglementaire. D’autres sujets sont apparus comme les problèmes de santé dans l’habitat avec l’amiante et les Composés Organiques Volatils (COV).

Dans ce contexte, l’écoconstruction a été portée par les auto-constructeurs, des non professionnels. Ils ont cherché des solutions qui répondaient à leurs aspirations écologiques, de santé et d’économie, souvent sans mesurer pleinement l’ampleur de leur projet. Ils se sont tournés largement vers la construction à ossature bois, l’isolation en paille ou en chanvre, les enduits en terre ou chaux. Cela a été possible grâce à la loi française sur les permis de construire qui n’impose pas une étude de structure par un bureau d’étude, ce qu’ils auraient eu du mal à justifier. Nous avons fait une étude exhaustive en 2010 sur les constructions « paille » en région PACA. Nous avons trouvé 112 réalisations et en recoupant avec les autres informations du Réseau Français de la Construction Paille nous avons estimé qu’il devait y avoir en France entre 2500 et 3000 réalisations.

Cartographie des constructions « paille » en région PACA (2010). Étude réalisée par l’Association Le Gabion.

Curieusement à la même période il n’y avait que 300 maisons paille en Allemagne alors qu’ils étaient très en avance dans les travaux de recherche. La répartition des réalisations au sein de la région PACA est aussi très instructive. Les Hautes Alpes ont 40 fois plus de constructions paille par habitant que les Alpes-Maritimes et 180 fois plus que les Bouches du Rhône !! Il y a certainement de nombreuses explications d’ordre technique, climatique et culturel, et je ne m’aventurerai pas à les chercher. Par contre il serait intéressant d’actualiser ces chiffres pour vérifier les évolutions.

Depuis 2010, nous assistons à une professionnalisation de la construction paille notamment avec de grands projets. Cela a été possible grâce à la validation des règles professionnelles de la construction paille rédigées par des membres du Réseau Français de la Construction Paille et par l’essai au feu réalisé par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) financé par la région PACA et le bureau d’étude structure bois Gaujard Technologies basé à Avignon. Des réalisations importantes ont été conduites comme l’isolation phonique d’une partie de la friche de la Belle de Mai à Marseille, la salle polyvalente de Mazan (Vaucluse, 1,2 million d’euros), des écoles à Montreuil (Seine-Saint-Denis) et Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine ; respectivement 14 et 17 millions d’euros), etc. Mais à l’échelle du secteur de la construction en France cela reste anecdotique.

Un travail comparable se termine dans le domaine de la construction terre avec la publication prochaine des règles de bonnes pratiques. Dans ce domaine aussi des évolutions techniques sont importantes. Certaines entreprises ont mis en place des processus pour réaliser des grands projets ; En Autriche une usine produit des murs porteurs en pisé. En France certains essais de terre coulée comme du béton de ciment semblent prometteurs.

L’approche purement technique et énergétique prime sur une approche écologique. J’ai été amusé de voir sur internet le Guide des formations à l’éco-construction (au niveau master : https://www.orientation-environnement.fr/formations-diplomantes-ecoconstruction/ ).  Pratiquement toutes proposent uniquement des formations sur l’énergie.

Pour ceux qui veulent avoir une approche écologique limitant au maximum les prélèvements de matériaux non renouvelables ou aisément recyclables sur la planète, la réglementation énergétique 2020 qui devrait succéder à la réglementation thermique 2012 donne un peu d’espoir. Les bilans CO² sur le cycle de vie vont normalement favoriser le bois, la terre, les fibres végétales par rapport aux matériaux à forte énergie grise. Mais 2020 c’est demain et les entreprises ne sont pas préparées et ignorent pour la plupart ce qui devrait s’appliquer. Il est nécessaire de lancer une information nationale sur cette évolution sinon elle sera inapplicable.

Pour le bâti existant, la rénovation thermique ne décolle pas. L’approche purement technique et économique ne répond pas à ce problème majeur. Tout est mis en œuvre, avec sans doute la volonté de créer des emplois, pour présenter la rénovation thermique comme une question réservée aux professionnels. Les aides y sont assujetties et un auto-constructeur qui veut isoler sa maison ne bénéficie d’aucune aide même pour l’achat des matériaux. La politique actuelle doit être complétée par une mobilisation de tous. Si l’objectif de réduction forte des gaz à effet de serre est réellement l’un des objectifs poursuivis, nous pouvons tous agir sur notre habitat ancien : mettre des joints aux fenêtres, réaliser des survitrages dans certains cas au lieu de changer toutes les menuiseries, veiller à supprimer les courants d’air.

L’approche actuelle cherche à atteindre dans tous les travaux envisagés des performances maximum pour ne pas tuer le gisement, mais il en résulte des coûts prohibitifs pour la majorité des personnes. Une autre approche pourrait consister à concentrer tous les efforts sur une petite partie de l’habitat, la pièce à vivre, en veillant aussi à son confort. Il est important d’offrir une palette plus large de solutions que le tout ou rien actuel pour permettre à la rénovation thermique de l’existant de prendre un réel essor. Enfin, la consommation de biens et d’énergie dépend beaucoup de notre manière de vivre. La consommation d’énergie peut varier du simple au double suivant notre comportement. C’est donc à nous d’agir.

Quelques sites internet :

État des lieux : les inégalités sociales de santé dans le département des Alpes-Maritimes

Lionel LE GUEN, Président MGEN des Alpes-Maritimes

Serge SCHIANO DI COLELLO, Directeur MGEN des Alpes-Maritimes

Emmanuelle RUDIO, Déléguée MGEN des Alpes-Maritimes

De quoi parle-t-on ?

En France, on note une amélioration globale de la santé et une amélioration de l’espérance de vie en constante augmentation et la France se situe au-dessus de la moyenne européenne en matière d’espérance de vie en bonne santé. Ainsi, entre 2005 et 2015, l’espérance de vie des hommes a progressé de 2,2 ans et celle des femmes de 1,2 an, pour atteindre respectivement 78,9 et 85,0 ans1. Pourtant, malgré ces indicateurs positifs, la France est, parmi les pays d’Europe de l’Ouest, le pays où l’on note des inégalités de mortalité parmi les plus importantes. Ces inégalités sont persistantes et s’aggravent au fil des ans.

Ces inégalités face à la santé sont sociales et liées à l’accès aux soins (absence de mutuelle, dépassement d’honoraires, discrimination par refus de soins à des bénéficiaires de la CMU). Mais cette première cause n’est pas la principale contrairement à ce que l’on pourrait penser. Elles sont en effet directement liées à la position qu’occupent les individus dans la hiérarchie sociale. Ainsi, en France, un cadre de 35 ans peut espérer vivre 10 ans de plus qu’un ouvrier, sans limitation fonctionnelle.

Les inégalités varient également selon les territoires et trouvent leur origine dans les conditions de vie construites dès l’enfance, à travers différents facteurs tels que l’éducation, l’emploi, le logement. Ainsi, à âge égal, le taux de mortalité prématurée des hommes sans diplôme est multiplié par 2,5 par rapport à ceux ayant fait des études supérieures. Pour les femmes, il est de 1,9².

Le schéma ci-dessous explique comment les différents déterminants de la santé interagissent entre eux3 :

Qu’en est-il dans les Alpes Maritimes ?

Les caractéristiques de notre département en matière d’accès aux soins et de santé publique peuvent être résumées ainsi : une surreprésentation des médecins spécialistes et chirurgiens4, un taux de pauvreté en augmentation, des pratiques discriminatoires avérées concernant les patients bénéficiaires de la CMU, un taux de renoncement aux soins plus élevé que la moyenne nationale, une population dense concentrée sur le littoral et clairsemée dans l’arrière-pays, une pression immobilière forte.

Une répartition inégale des professionnels de santé :

Cette inégalité est territoriale.

Surreprésentation des médecins spécialistes libéraux :

On dénombre 83,5 médecins spécialistes pour 100.000 habitants dans les Alpes-Maritimes, alors que la moyenne nationale est de 49. Une très forte proportion d’entre eux pratique le dépassement d’honoraires.

Surreprésentation des chirurgiens libéraux :

On dénombre 44 chirurgiens pour 100.000 habitants dans notre département, là où la moyenne nationale est de 27. 92% d’entre eux sont en secteur 2.

Un renoncement aux soins parmi les plus élevés de France5 :

Des enquêtes teasing de Médecins du monde révèlent des pratiques discriminatoires concernant les patients bénéficiaires de la CMU et un renoncement ou report des soins qui toucherait 1/3 des patients dans le département6.

Sur 2814 personnes interrogées, 878 ont déclaré avoir renoncé aux soins au cours des 12 derniers mois. Le taux de renoncement aux soins dans les Alpes-Maritimes figure parmi les plus élevés en France, il arrive en deuxième position parmi les 22 départements français où il a été mesuré7.

Une population caractéristique8 :

– 92% de la population PACA vit dans des communes urbaines

– Une population plus âgée que la moyenne nationale

– Précarité et inégalités socio-économiques importantes

Un taux de pauvreté élevé9 :

En 2015, ce taux s’élevait à 15,2% alors qu’en France, il était de 14,3%.

Quelles solutions les Mutuelles peuvent-elles proposer ?

La raison d’être des Mutuelles est l’accès à la santé. À ce titre, les Mutuelles de santé financent la CMU permettant l’accès à tous à une complémentaire santé et mettent en place des réseaux de soins et des Centres Médicaux et Dentaires.

À Nice, un Centre Médical et Dentaire accessible à tous sans dépassement d’honoraires

Depuis sa création il y a plus de 70 ans, la MGEN a pour objectif de faciliter l’accès aux soins pour tous et créé des Etablissements de santé. À Nice, et à l’instar de ce qui est pratiqué à la Mutualité Française avec les Services de Soins et d’Accompagnement Mutualistes (SSAM), la MGEN est propriétaire du Centre Médical et Dentaire situé 17 rue Robert LATOUCHE.

Plus de 300 rendez-vous médicaux y sont planifiés chaque jour auprès des 52 médecins généralistes et spécialistes qui y officient.

Ce Centre Médical et Dentaire offre à tous les assurés sociaux sans distinction, un accès à toutes les disciplines de médecine, d’orthoptie, d’orthodontie, ainsi qu’à des soins dentaires et d’implantologie. Il est d’ailleurs possible de prendre rendez-vous en ligne grâce au lien suivant :

https://www.mgen.fr/etablissements/centres-medicaux-et-dentaires/centre-de-nice/prendre-un-rendez-vous/

L’assuré social qui se fait soigner au Centre Médical de Nice bénéficie du tiers payant s’il peut justifier de son adhésion au dispositif « médecin traitant », en présentant sa carte vitale et mutuelle. Le Centre Médical de Nice applique les tarifs de secteur 1 fixés par la Caisse Primaire d’assurance maladie et n’applique aucun dépassement d’honoraires. Ce dispositif permet un accès aux soins au plus grand nombre. Il contribue ainsi à réduire le taux de renoncement aux soins. Les inégalités sociales de santé ne sont pas une fatalité et les Mutuelles de santé, aux côtés de l’assurance maladie, apportent des solutions pour contribuer à les réduire.

Références

1 https://www.gouvernement.fr/indicateur-esperance-de-vie

2 Basset B. (sous la direction de). Agences régionales de santé. Les inégalités sociales de santé. Saint-Denis : INPES, coll. Varia, 2008 : 208 p.

3 D’après Dahigren et Whitehead (1991)

4 Chiffres clés 2016, ARS PACA

5 Baromètre du renoncement aux soins, observatoire du non-recours aux droits et services – août 2017

6 Programme Territorial de Santé des Alpes-Maritimes, orientations stratégiques – ICARS

7 Baromètre ODENORE – Observatoire des non-recours aux droits et aux services – 2017

8 Plan pour renforcer l’accès territorial aux soins

9 PRAPS 2018-2023 – ARS PACA

L’instruction en famille avec École Buissonnière 06

Association l’École Buissonnière 06 – Instruction en famille

  • L’instruction en famille, qu’est-ce que c’est ?

L’instruction en famille, ou “école à la maison”, c’est la possibilité pour les familles d’instruire eux-mêmes leurs enfants à leur domicile.

En effet l’école n’est pas obligatoire en France, c’est l’instruction qui l’est de 6 ans à 16 ans. Les parents peuvent tout à fait instruire leurs enfants, quel que soit leur âge : c’est un droit constitutionnel.

 

  • Pourquoi ce choix ?

Les motivations des familles sont variées : respect du rythme de l’enfant, éducation non coercitive, éducation à la nature, pédagogie personnalisée, projet de voyage au long cours, phobie scolaire, enfant atypique…

  • Quelle pédagogie ?

Les familles sont libres d’utiliser la pédagogie qu’elles souhaitent. Les grands courants sont :

L’enfant suit la progression de l’Éducation Nationale à partir de cours par correspondance ou de livres et cahiers du commerce. Il allège tout de même le nombre d’heures de cours grâce à une approche personnalisée, et complète ses connaissances au moyen de visites, ateliers, etc…

De Montessori à Freinet en passant par Charlotte Mason, l’enfant est acteur de ses apprentissages à partir de supports ludiques et bien pensés parmi lesquels il peut choisir. Cela lui permet de développer son autonomie et sa curiosité, et d’approfondir ses propres centres d’intérêt.

L’enfant apprend spontanément à marcher, à parler etc. sans passer par une méthode dédiée. La curiosité naturelle de l’enfant, et de l’être humain en général, mène aux apprentissages dont il a besoin, quand il en a besoin. L’adulte a ici le rôle de facilitateur d’apprentissage : il accompagne l’enfant dans la confiance et lui garantit un environnement diversifié et stimulant.

De nombreuses familles varient les pédagogies, et utilisent par exemple une instruction formelle pour certaines matières et informelle pour d’autres.

  • Quelles sont les obligations en termes d’apprentissage ?

D’un point de vue légal, nous sommes tenus de respecter une progression régulière qui mènera à l’acquisition du socle commun de connaissances et de compétences à 16 ans (le même que celui des élèves scolarisés).

Les familles reçoivent deux contrôles : celui de la Mairie (une fois tous les 2 ans) qui a pour but de connaître les motivations des familles et l’environnement de travail, et celui de l’Inspection d’Académie (tous les ans) qui a pour but de vérifier la réalité de l’instruction dispensée par les parents.

  • Et la socialisation ?

Les enfants non scolarisés côtoient des personnes de tous âges lors des sorties informelles ou pédagogiques qu’ils effectuent en semaine. Les enfants entretiennent un rapport naturel avec les autres adultes qu’ils rencontrent au gré des sorties.

Ils ont aussi, généralement, des camarades scolarisés grâce aux activités extra-scolaires, aux relations de voisinage, aux amis de la famille, etc…

  • Quel est le but de l’Association École Buissonnière 06 ?

Notre association est un regroupement de familles qui pratiquent l’instruction à domicile. Nous nous réunissons, une ou plusieurs fois par semaine, autour de sorties ludiques ou culturelles (visites de musées, ateliers pédagogiques ou simplement rencontres conviviales). Elle permet aussi aux enfants d’avoir un réseau d’amis instruits en famille, et aux parents de se soutenir et de s’informer sur ce choix éducatif.

  • Pour en savoir plus :

Film “Être et devenir”, Clara Bellar

Livre “Et je ne suis jamais allé à l’école”, André Stern

Site de l’association : www.ief06.fr

Groupe FB pour les familles voulant nous rejoindre : https://www.facebook.com/groups/lecolebuissonniere06/

 

École autogérée: Espaces éducatifs BRICABRACS, Marseille

Par Magali Braconnot, membre du Conseil de Fonctionnement de l’école

1• Nature, genèse et contexte

Novembre 2014, Marseille 3ème arrondissement (quartier socio-économiquement très défavorisé). Des parents et un enseignant luttent depuis plusieurs années à l’intérieur de l’Éducation Nationale (école primaire) pour développer une pédagogie émancipatrice de type Freinet dans sa version pédagogie sociale (*). L’enseignant est actif dans le mouvement des « enseignants désobéisseurs » contre les évaluations et les fichiers élèves.

L’usure psychologique crée la rupture, l’enseignant démissionne. S’ouvre alors la possibilité de création d’un autre espace éducatif, porté conjointement par l’enseignant et des parents, accompagnés par des soutiens militants.

(*) références pédagogie sociale : Laurent Ott, Radlinska, école du 3ème type de Bernard Collot.

2• La taille de l’école

Le local : un 3 pièces rez-de-jardin (44m2) dans un parc avec jardin partagé + un atelier partagé

L’encadrement et le public : 2 éducateurs, 20 enfants de 4 à 10 ans

Le matériel : mobilier, consommable de récupération

Les postes principaux de dépenses : loyer, Salaires (2 postes), hygiène sanitaire, peinture, colle, photocopies, site, communication, électricité.

3• Paramètres économiques et financiers

Pour être au plus proche du projet social revendiqué, une faible participation de 30 euros par mois est demandée aux familles, qui couvrent le loyer, les frais administratifs, l’électricité, etc. Il y a donc nécessité de trouver un financement autre (mécénat, événements divers, dons réguliers et ponctuels). Après 3 ans, les rentrées d’argent sont insuffisantes, la participation passe à 50€ par mois.

Le lieu d’accueil est peu onéreux (300€/ mois), ce sont les 2 salaires d’éducateurs (35h et 26h au smic) qui constituent le poste principal du budget (36 000 euros annuel).

Les frais de fournitures en matériel fongible et équipement relèvent d’une démarche de récupération et d’apports personnels.

Les financements publics par subvention sont difficiles à obtenir en tant qu’école. Le projet ne rentre pas dans les cases habituelles de financement soit du scolaire, soit du péri/extra scolaire.

Le mécénat : du coté des fondations, le financement ne peut pas être pérenne et ne règle pas la problématique de masse salariale annuelle (finance des projets et non du fonctionnement). Il ajoute un temps de travail important de montage de dossier. L’équilibre économique reste précaire dans ces conditions.

4• Paramètres juridiques

Le modèle juridique souhaité à l’origine correspond à celui d’une SCOP (le pouvoir aux travailleurs), mais la volonté d’en faire un service public hors État (le financement ne repose pas sur les usagers) impose une forme associative, loi 1901.

Le projet d’espaces éducatifs n’a pas pour but de créer une école au sens habituel. En 2015, le cadre légal impose de faire une déclaration de création d’école, pour accueillir des enfants toute la journée. Les contrôles effectués concernent l’hygiène, la santé sanitaire, les bonnes mœurs (sic), le socle des connaissances.

La loi change au printemps 2018 : la déclaration s’effectue auprès du Rectorat donc de l’État. D’autre part, une déclaration de lieu d’accueil pour mineurs sans hébergement extra-scolaire n’est pas acceptée par la jeunesse et sport, car les locaux ne correspondent pas aux normes requises.

5• Mode de gouvernance

La première année de gouvernance s’appuie sur les porteurs initiaux du projet et une grande ouverture aux personnes volontaires pour participer aux décisions lors des réunions appelées « Agora ». La réactivité décisionnelle et l’indépendance des éducateurs posent alors question.

Une deuxième étape (année 2 et 3) restreint les décisions à un conseil de fonctionnement de 5 personnes. Cooptées, elles travaillent bien ensemble et se font confiance pour prendre des décisions de manière rapide, et éviter de se perdre dans les tensions humaines inévitables. Le bureau collégial est réduit à trois personnes.

Le statut de parent n’est pas prépondérant. C’est l’engagement politique et une certaine distance affective qui permet de former ce collectif décisionnaire. L’Agora devient uniquement informative et consultative.

Une troisième étape (fin de l’année 3) crée 3 collèges : parents, travailleurs, garants. Le Conseil de Fonctionnement est constitué de leurs représentants élus. L’objectif est de protéger les travailleurs et le sens du projet par une relation coopérative entre les membres du Conseil. L’Agora est constituée des membres des collèges.

6• L’évolution du projet :

Le choix est fait de commencer à construire sans attendre que toutes les conditions soient réunies, pour mettre en œuvre réellement le tâtonnement expérimental.

Six mois pour : créer une association, écrire un projet social et éducatif, diffuser l’information, trouver un local et un financement. Un an pour tester la vie éducative avec 10 enfants et réajuster la structure associative.

Une deuxième année pour investir des locaux plus vastes avec 19 enfants, renforcer le lien avec l’environnement humain de proximité et rédiger de nouveaux statuts.

Enfin, une troisième année pour agrandir le local, créer un événement mensuel à vocation sociale, éducative et économique, s’ancrer dans l’environnement et stabiliser la gouvernance associative.

7• Paramètres humains, constats, réflexions et perspectives :

Au-delà d’une école il s’agit d’espaces éducatifs : éducation les uns par les autres, un projet ancré dans un quartier (projet social et écolo politique)

Le projet est difficile à tenir humainement pour assurer à la fois la recherche de financement, la partie pédagogique, l’ensemble des projets périphériques (jardin…) et la vie de l’association (administration, coordination, en plus du scolaire). Le temps en présence des enfants est important, il faut tenir compte aussi du besoin en temps de préparation, de recul et de réflexion.

La surcharge de travail est importante, les domaines de compétence sont vastes et concernent souvent les mêmes personnes : éducatif, gestion, administration, animation, projet politique, psychologie, sociologie, recherche de financement, entretien …

Pour maintenir l’accès à faible coût pour les familles, il faut développer des activités, en plus de celles éducatives.

Le travail se fait souvent dans l’urgence, sur des temps courts et quotidiens.

Mais les travailleurs doivent avant tout être des éducateurs (être en relation éducative avec enfants et adultes) avec une spécialité : enseignant, jardinier, animateur, rédacteur de projets, gestionnaire…).

Les définitions juridiques aident à construire les rapports humains mais le vécu est souvent plus complexe (rapports humains en jeux, leadership etc…). Cela nécessite de prendre du temps de concertation entre l’ensemble des auteurs : travailleurs rémunérés, travailleurs bénévoles du conseil de fonctionnement, parents, bénévoles engagés dans des actions de soutien, etc.

Les tensions humaines sont aussi accentuées par un équilibre économique fragile. Être sous contrat avec l’État permettrait de soulager cet aspect. Mais il existe un risque de tension d’une autre nature, plus politique, concernant les libertés d’éducation et de pratiques pédagogiques.

http://www.vieasso.bricabracs.org/

Contact: lesbricabracs(à)bricabracs.org

Éclairage public et protection de l’environnement nocturne

Notre présence sur cette belle planète a lieu au sein d’un écosystème immense. L’évolution des espèces et des chaînes alimentaires mises en place pendant des millénaires se trouvent fortement perturbées par l’activité humaine. Malheureusement, cette dernière ne se termine pas avec le coucher du soleil. On peut se dire qu’aux heures d’inactivité industrielle et de calme dans les transports, nous limitons notre impact sur l’environnement. Mais c’est sans compter sur l’éclairage artificiel omniprésent.

Historique de l’éclairage public

Au départ, l’éclairage public permettait de sécuriser les espaces urbains et la circulation sur les routes à une époque où les véhicules n’avaient que des phares faibles, et de décorer les espaces prestigieux des villes. Au XIXe siècle, les lampadaires à gaz remplacèrent les lampes à huile et permirent d’éclairer plus de rues et de développer l’activité nocturne humaine dans les villes. Vint ensuite l’électricité, et l’éclairage public commença à éclairer les routes en dehors des villes, de nombreux bâtiments, des parkings, etc. En France, en 20 ans, 94% de lumière supplémentaire a été émise par l’éclairage public, arrivant en 2014 à 11 millions de points lumineux. En parallèle, les véhicules sont devenus capables d’éclairer leur entourage de façon efficace, mais l’insécurité a continué d’augmenter dans les villes. Récemment, la démocratisation des éclairages à diodes électroluminescentes (DEL ou LED), moins coûteux et plus efficaces énergétiquement, a eu pour résultat d’augmenter le nombre de points lumineux et leur puissance.

Effets négatifs

Malgré le rôle positif visé par ces éclairages, ils ont souvent des effets négatifs sur les animaux, y compris l’humain. Chez les mammifères, la sécrétion de mélatonine est régie par l’absence de lumière bleue, puisqu’au coucher du soleil le ciel est plus rouge. La lumière artificielle, en particulier lorsqu’elle est blanche, impacte ainsi l’horloge interne des animaux, le rythme circadien.

Des études sur les mammifères ont montré qu’en remplaçant la nuit par une luminosité même faible (5 lux), on pouvait observer une augmentation des symptômes de dépression et d’obésité. Chez les humains, les travailleuses dont le rythme circadien est perturbé (hôpitaux, transport aérien) montrent une augmentation de 30% du risque de cancer du sein, mais pas d’autres cancers.

Environ 60% des invertébrés et des mammifères sont nocturnes, ainsi que 90% des amphibiens et papillons. Pour les animaux diurnes, l’éclairage artificiel rend difficile le sommeil, mais pour les nocturnes, c’est la survie qui est en jeu : comment se repérer en étant ébloui, comment trouver de la nourriture, se reproduire ? Une compartimentation des espèces se produit alors, déplaçant les prédateurs dans des endroits incompatibles avec leur survie, près des villes et des routes. C’est tout l’écosystème qui est modifié. Les oiseaux migrateurs et chauves-souris, dont la population a diminué de 40% en 10 ans en France, sont aussi fortement perturbés et des milliers meurent chaque année aveuglés ou perdus. Voit-on encore beaucoup de lucioles là où on les voyait il y a 30 ans ?

Comment protéger l’environnement nocturne ?

L’association nationale de protection du ciel et de l’environnement nocturne (ANPCEN) émet avec des partenaires des recommandations à destination des municipalités. Le but n’est pas de retourner à des villes éteintes, mais d’éclairer de façon plus adaptée. Beaucoup de lampadaires éclairent en direction du ciel, consomment beaucoup d’énergie pour peu de lumière produite, éclairent d’une lumière trop blanche ou bleue, sont trop proches les uns des autres ou allumés trop longtemps ou trop fort dans des zones peu fréquentées.

En dehors des centres urbains piétons, une extinction totale en deuxième partie de nuit, de 23h à 6h par exemple, a souvent très peu d’incidence sur la population. Sur les autoroutes et les voies rapides, l’extinction a un effet sur la biodiversité sur des kilomètres carrés, et nous avons appris à vivre avec. Les enseignes lumineuses, bureaux et commerces sont désormais sujets à une extinction nocturne obligatoire, une heure après leur fermeture jusqu’à une heure avant leur ouverture.

Retombées économiques et effets secondaires

Dans les communes, l’éclairage est le second poste de dépense énergétique après le chauffage et l’éclairage intérieur des bâtiments. En suivant les recommandations, les communes peuvent réduire d’au moins 50% leur consommation énergétique. En France, la consommation d’électricité liée à l’éclairage public est de 5,6 TWh en 2017 et 2 TWh pour les enseignes lumineuses, l’équivalent de la production d’un tiers de centrale nucléaire. L’impact sur l’environnement se retrouve donc aussi au niveau de la pollution de l’air et de la terre.

La diminution de l’éclairage public se traduit immédiatement par la redécouverte du ciel étoilé. Dans le 06, et en Europe en général, la majorité de la population ne voit pas la Voie lactée, notre galaxie. La redécouvrir est un spectacle émouvant et nous rappelle notre place dans l’univers.

Les points bloquants

Pourquoi alors voit-on toujours plus de points lumineux ? C’est principalement une question d’habitude et d’éducation. Nous vivons depuis des décennies avec l’idée que là où il y a des humains il faut que ce soit éclairé en permanence, même pour un usage limité. Expliquer les enjeux ci-dessus permet de faire évoluer les mentalités. Sinon, pourquoi éclairerait-on moins alors que cela consomme moins d’éclairer plus qu’avant ? C’est une question à laquelle font face les communes, et nous pouvons tous aider les élus à faire les bons choix en discutant avec eux.

Une autre raison est la sécurité. Les statistiques montrent pourtant qu’il n’y a pas plus d’accidents, de délits, d’incivilités en tout genre, lorsqu’il n’y a plus d’éclairage public, au contraire.

Concours villes et villages étoilés

L’ANPCEN organise ce concours pour mettre en avant les communes participant activement à la lutte contre la pollution lumineuse. Un label leur est attribué en fonction des actions prises par rapport aux recommandations, qui leur octroie entre une et cinq étoiles. Dans les Alpes Maritimes, département très touristique, 11 villes et villages ont été labellisés depuis 2013, ce qui montre un élan fort pour la préoccupation de la protection de l’environnement, y compris dans la métropole Nice Côte d’Azur. Le concours a lieu tous les deux ans, il est donc temps de préparer votre commune pour l’édition 2019 !

Ont obtenu 4 étoiles : Spéracèdes (mention nationale meilleure commune d’un parc naturel régional) ; 3 étoiles : Revest-les-Roches ; 2 étoiles : Mouans-Sartoux (mention nationale meilleure commune labellisée territoire à énergie positive pour la croissance verte), Castillon, Gourdon et Saint-Jannet ; 1 étoile : Entraunes, Cipières, Briançonnet, Péone-Valberg et Saint-Cézaire-sur-Siagne.

Sources

Site Web de l’association nationale de protection du ciel et de l’environnement nocturne http://www.anpcen.fr/

Guillaume Cannat. L’éclairage nocturne artificiel de la Terre ne cesse de croître. 24 novembre 2017 sur son blog du Monde. http://autourduciel.blog.lemonde.fr/2017/11/24/leclairage-nocturne-artificiel-de-la-terre-ne-cesse-de-croitre/

Actions de la métropole Nice Côte d’Azur à Saint-Étienne-de-Tinée : http://www.nicecotedazur.org/environnement/biodiversit%C3%A9/pollution-lumineuse-et-biodiversit%C3%A9

Diplôme Universitaire « Chef de Projet en Alimentation Durable »

  1. Description de la nature et genèse de l’initiative, de son contexte

Depuis les crises sanitaires des années 2000, les questions de nutrition et santé sont de plus en plus prises en compte dans les politiques publiques. La loi Grenelle 2 de 2012 préconise notamment d’insérer 20 % de produits locaux et bio dans les repas servis aux enfants.

Plusieurs collectivités ont ainsi décidé d’intégrer une part non négligeable de produits locaux et bio dans les cantines scolaires. La Ville de Mouans-Sartoux a été une des villes pionnières en la matière et propose depuis 2012 des repas 100 % bio avec 85 % des légumes provenant de sa régie municipale.

C’est en s’appuyant sur l’expérience désormais reconnue de la commune de Mouans-Sartoux que le Diplôme Universitaire « Chef de Projet en Alimentation Durable option collectivité territoriale » a été co-construit par l’Université Côte d’Azur et cette ville en 2017.

L’objectif est de permettre l’émergence de projets d’alimentation durable déployée à l’échelle d’un territoire, dont le but est de relocaliser l’agriculture et l’alimentation dans les territoires en soutenant les circuits courts ou les produits locaux de qualité dans les cantines. Ces projets offriront aux participants et à leurs institutions, la possibilité de progresser en terme de qualité alimentaire via l’élaboration d’un projet alimentaire territorial s’appuyant sur la restauration collective et les enjeux de production durable et contextualisé bien sûr à chaque contexte local.

  1. Description des paramètres techniques, du « volume »

Cette formation fortement professionnalisante dure six mois, elle comporte deux semaines de cours qui alternent avec deux périodes de stage de trois mois.

Elle s’adresse à des élus, agents territoriaux administratifs ou techniciens mais aussi à des jeunes diplômés (niveau licence) souhaitant compléter leur formation ou à des personnes en reconversion professionnelle.

Chaque promotion comprend entre 8 et 15 étudiants. 

L’équipe pédagogique est constituée de chercheurs et enseignants-chercheurs de plusieurs organismes (Université Côte d’Azur, INRA, INSERM, …) et d’agents territoriaux et membres d’associations (Ville de Mouans-Sartoux, Un plus Bio, ….). 

  1. Description des paramètres économiques et financiers

Le coût de la formation pour les étudiants est de 3 500 € net de taxes par stagiaire. Il existe un tarif réduit de 1 000 € net de taxes pour les jeunes diplômés de la Communauté d’Université et d’Établissement (ComUE) « Université Côte d’Azur (UCA) qui sont en Formation Initiale et qui ont obtenu leur dernier diplôme depuis moins de 2 ans.

  1. Description des temporalités  du fonctionnement

La formation s’organise en cinq phases avec deux périodes de regroupement à Mouans-Sartoux (phases 1 et 3 d’une durée d’une semaine chacune).

La phase 1 est dédiée à l’identification des enjeux de l’alimentation durable et l’acquisition de la méthodologie du diagnostic territorial, avec des cours également sur la qualité nutritionnelle et sanitaire des produits issus de l’agriculture biologique, les neurosciences et les comportements alimentaire, l’alimentation biologique et durable en restauration collective, la géographie culturelle de l’alimentation.

. La phase 3 a pour objectif l’acquisition de compétences en gestion de projet appliquée à la construction d’un projet alimentaire territorialisé, avec également des cours juridiques autour de l’alimentation et de l’environnement.

Ces deux phases de cours alternent avec deux phases de stage en collectivité (phases 2 et 4 d’une durée de 3 mois chacune). La phase 2 est utilisée à la réalisation du diagnostic territorial. La phase 4 est elle consacrée à l’initiation du projet en tant que tel. Au cours de ces stages, chaque étudiant bénéficie d’un accompagnement individualisé par l’équipe pédagogique.

La formation s’achève par la présentation et l’analyse des travaux de chaque étudiant (phase 5 sur une journée).

A l’issue de la formation, le projet n’est bien sûr pas finalisé mais la collectivité d’accueil dispose d’un diagnostic de territoire approfondie et d’un plan d’action précis pour poursuivre la démarche. Elle perçoit alors plus clairement ce qui est faisable, dans quels délais, et quels sont les moyens à y consacrer. Elle dispose par ailleurs d’un agent formé, ou d’un nouveau collaborateur à recruter, directement opérationnel pour poursuivre.

  1. Description des paramètres humains 

Les trois publics de la formation, élus, agents territoriaux et jeunes diplômés, sont représentés à part quasi-égale dans la première promotion de 12 étudiants.

Voici le témoignage de Mara, étudiante de la première promotion, qui travaille depuis 5 ans sur le contrat de santé de la communauté de communes du Haut Allier (5000 habitants):

«  Je me suis éclatée! Cette formation a été un vrai tremplin pour lancer un Projet d’Alimentation Territorial global dans un territoire d’agriculture plutôt traditionnelle pas spécialement sensibilisé au bio. J’ai pu avancer plus vite avec les élus grâce aux données précises acquises au cours de cette formation concrète et très dense. La formation m’a beaucoup aidée au niveau du diagnostic, indispensable au lancement de la démarche. Les échanges ont été très riches avec les enseignants, mais aussi les autres étudiants, car nous venions d’horizons différents et avions donc des compétences variées. »

Chamarel « Les Barges » : Une action de transition réussie dans une coopérative pour bien vieillir

Au départ, trois ami(e)s cherchent à anticiper leur vieillissement afin de ne pas être un poids pour leurs enfants et d’éviter l’isolement. À l’arrivée, une coopérative d’habitants pour retraités !

Les objectifs suivants :

rester acteur de sa vieillesse et de sa vie dans un environnement bienveillant, entouré de personnes qui partagent les mêmes valeurs. Et s’engager dans une pratique de changement environnemental.En 2010, nous avons créé l’association Chamarel, dont le but est de porter le projet En 2012, nous avons déposé les statuts de la société coopérative Chamarel « Les Barges »Le permis de construire: en Mai 2015. La première botte de paille a été posée en Novembre 2015 Nous avons été maîtres d’ouvrage sur toute la durée du projet jusqu’à son achèvement architectural en Juillet 2017.

LES PRINCIPES ET LES VALEURS DE LA COOPÉRATIVE D’HABITANTS

La démocratie Tout d’abord, le projet est initié, réalisé et géré par les futurs habitants eux-mêmes.

La lutte contre la spéculation Deuxièmement, la coopérative d’habitants offre un modèle de fonctionnement économique différent, un autre rapport au patrimoine, puisque les habitants ne sont pas propriétaires de leur appartement, ils achètent des parts de la société. La valeur des parts est déconnectée de la valeur du bien immobilier. La propriété est collective ; les habitants sont locataires de leur logement.

La solidarité Les apports sont personnalisés. Aux Barges, l’apport est plafonné à 40 000 €. Les redevances mensuelles sont adaptées au revenu de chacun. Les loyers vont du PLAI (logements sociaux bas revenus) aux loyers libres en passant par les PLS (logements sociaux revenus moyens).

Un autre modèle social :

La coopérative d’habitants comprend des espaces privatifs et des espaces communs. Les appartements sont conçus en fonction des stricts besoins de chacun (et prévus pour le handicap).

Une pratique de changement environnemental.

Les logements sont conçus à minima, la mutualisation des espaces et des moyens entraînant la sobriété dans la consommation : buanderie commune, chambre d’amis, auto partage, mutualisation des aides à domicile etc… Aux Barges, notre volonté de diminuer notre empreinte écologique s’est concrétisée dans nos choix architecturaux et techniques, sur l’isolation et la construction bois/paille, installé 12m² de panneaux solaires thermiques,…. Pour le jardin, la permaculture, et le compostage.

L’éducation populaire

Enfin, ce projet est pour nous l’occasion de participer à des actions d’éducation populaire, dans une dynamique intergénérationnelle, en particulier avec des écoles, des lycées, avec des associations. Et notre salle commune est conçue pour organiser des événements ouverts à d’autres publics (réunions de mutuelles,  associations, évènements musicaux ou théâtraux)

LA GOUVERNANCE DE LA COOPÉRATIVE

Autogestion C’est le principe « une personne = une voix » qui est la règle. La gouvernance est horizontale, La responsabilité est collective, les tâches sont partagées.

L’importance des outils de communication Les ordres du jour sont prévus à l’avance, l’animation des AG avec tour de parole. Des comptes rendus écrits sont rédigés pour toutes les réunions.

LES POINTS D’APPUI QUI ONT AIDÉ A LA RÉALISATION DU PROJET

– En tout premier lieu, il s’agit de l’association Habicoop, qui nous a accompagné.es dès l’origine sur les plans financiers, juridiques, institutionnels et administratifs.

– Pour la construction proprement dite, nous avons pu compter sur des architectes et une maîtrise d’œuvre très sensibles à nos demandes- L’appui de personnalités politiques convaincues de l’intérêt de la coopérative d’habitants.

– Choix politique également de la Région Rhône-Alpes (avant 2015) qui nous a accordé 2 subventions : L’une pour le côté écologique de la construction et l’autre qui nous a permis de suivre une formation.

– Les caisses de retraite et des mutuelles ont été sensibles, en nous accordant un prêt sans intérêt, soit des subventions.

– Enfin, au Crédit Agricole, pour convaincre à son tour les décideurs de nous accorder des prêts couvrant 60% de l’opération sur 40 ans (pour le bâti) et sur 50 ans (pour le foncier). Prêts Logement Social, puisque 14 logements sur les 16 que comporte l’immeuble, relèvent de ce type de prêt.

LES DIFFICULTÉS

C’est aussi du caractère novateur du projet que sont venues parfois les difficultés. Il a fallu convaincre les politiques, les collectivités territoriales, les bailleurs sociaux afin d’obtenir les prêts et leurs garanties.

CONDITIONS DE REPRODUCTION

Une réalisation de coopérative d’habitants, par essence, n’est pas reproductible terme à terme.

Cependant, on pourrait dégager, d’après notre expérience limitée, quelques invariants :

– L’importance de la cooptation, après une période de travail en commun permettant à chaque partie de mieux se connaître.

– L’importance des « outils » de la gouvernance, déjà définie plus haut.

– L’importance d’un accompagnement de type Habicoop

– L’importance d’être convaincus pour convaincre et…. tenaces.

L’association Chamarel poursuit ses activités : recherche de financement, promotion des coopératives d’habitants, elle œuvre aussi pour construire un réseau de coopératives d’habitants pour les personnes vieillissantes. Dans la coopérative des Barges la vie est à l’image de ce que nous imaginions : solidarité et bienveillance, usage réussi des espaces communs dans le cadre de la transition citoyenne et écologique.

Pour tout contact : patrickchretion(à)hotmail.comOu 04 69 70 07 91 ou http://cooperativechamarel.wordpress.com/Ou Coopérative Chamarel-Les Barges, 10, rue du 19 mars 1962 69120 Vaulx en Velin