La Transition

      

Pourquoi parle-t-on de Transition ?

Transition entre quoi et quoi ?

Pourquoi Transition « Écologique et Citoyenne »?

 

Le concept de Transition est apparu dans ces dernières décennies, lorsque des citoyens ont découvert l’importance de deux faits majeurs dans l’histoire de l’humanité:

La terre est petite ( 12 700 km de diamètre, couche d’air respirable de 5 km d’épaisseur) et les ressources que nous consommons ne sont pas infinies. Nous arrivons à certaines limites dans les toutes prochaines années.

le réchauffement global du climat et la perte de biodiversité sont causés par nos choix économiques et industriels. Leurs conséquences perturberont de plus en plus gravement notre vie, jusqu’à menacer l’ensemble de nos activités.

Le modèle de croissance qui nous porte depuis la Révolution Industrielle arrive ainsi à son terme. Nous devons préparer un autre modèle de société dans lequel nous ne pourrons plus disposer des ressources actuelles comme aujourd’hui. Mais que faire ? A quel terme ? Comment enclencher une transformation de la société qui puisse encaisser l’impact des crises liées au réchauffement du climat et à la finitude des ressources ?

Que faire ?

Il semble pour l’instant impossible, au vu des pouvoirs politiques et économiques dominants actuellement sur la planète, et à cause des inégalités entre pays riches et pays pauvres, de changer de modèle, à l’échelle globale, et par le haut. La prise de conscience n’est pas encore généralisée.

En attendant cette conscience collective, la seule possibilité de transformation réside dans le pouvoir du citoyen, du consommateur, des populations, par la modification de nos comportements à toutes échelles. Les solutions coopératives et autogérées, menées à la dimension des territoires, venant du bas, simples, sobres et résilientes,  prouvent déjà leur validité en rendant obsolètes des systèmes centralisés en échec.

Mais approfondissons tout d’abord le contexte des bouleversements en cours:


La finitude des ressources

Les ressources de la planète sont celles qui nous permettent de nous nourrir, de nous abreuver, de nous vêtir, de nous chauffer, de nous loger, de nous équiper, de nous transporter, de nous soigner, de nous distraire:  énergies fossiles, métaux, minerais et matières premières, mais aussi eau, terre, biomasse terrestre et marine.

Mine de cuivre au Chili, le pic du cuivre est dans une quinzaine d’années.

Dès les années 50, des scientifiques ont commencé à étudier ces ressources avec grande précision, à quantifier leur stock potentiel et leur consommation globale, à envisager les perspectives d’évolution face à divers scenarii de croissance économique et démographique. Alors que la terre ne portait que 3 milliards d’individus, les estimations montraient déjà une approche de valeurs-limite au cours du 21ème siècle.

Au même moment, naissait une conscience environnementale, dans de nombreux milieux environnementaux, scientifiques, politiques et culturels, face aux effets négatifs de l’urbanisation, de la pollution, du gaspillage, qui commençaient à se généraliser. En 1970, une cinquantaine de grands scientifiques et de grands acteurs internationaux réunis sous le nom de Club de Rome, commandent une étude aux chercheurs du prestigieux M.I.T., basée sur une modélisation mathématique des consommations mondiales de ressources, intégrant agriculture, industrie, économie, démographie, ressources non renouvelables, et environnement.

Le rapport, publié en 1972, intitulé « Les Limites à la Croissance », fera grand bruit, en pointant non seulement l’existence de limites au modèle consumériste des Trente Glorieuses, mais aussi en mettant en évidence un effondrement rapide de nos ressources, commençant un peu avant la moitié du 21ème siècle. Ce modèle du MIT, régulièrement remis à jour depuis lors, aussi bien du point de vue technique que scientifique, confirme, quarante ans plus tard, les études de 1972 :  une croissance infinie est impossible, et nous approchons à grand pas de limites incontournables. Bon nombre de métaux, matières premières et énergies fossiles sont sur le point d’atteindre leur finitude, d’ici une à trois générations.


Le réchauffement global du climat.

Depuis le troisième Sommet de la Terre à Rio en 1992, un consensus réunit la quasi-totalité des États de la planète autour de la protection de l’environnement et du développement durable. Les grandes conférences mondiales se succèdent chaque année, et rappellent inévitablement que l’augmentation constante des gaz à effet de serre dans l’atmosphère est directement corrélée à nos activités, et provoque ce réchauffement dont les conséquences impactent de plus en plus notre vie. Les propositions affluent de tous pays pour résoudre les problèmes, mais les décisions prises ne sont, pour l’instant, aucunement contraignantes. A tel point que l’ONU table sur un réchauffement moyen supérieur à 3 degrés au cours de ce siècle, autrement dit, sur la perspective de conséquences terribles pour les populations de l’ensemble de la planète, Alpes-Maritimes comprises.

Le modèle économique thermo-industriel continue ainsi de plus belle, porté par une croissance démographique importante: nous battons régulièrement de nouveaux records d’émission de gaz à effet de serre, tout en extrayant et consommant toujours plus de ressources non renouvelables. Le climat devient imprévisible et violent. La biodiversité mondiale chute à une vitesse effrayante. Toute la planète est concernée.

Devant les premiers signes de ce qu’on peut raisonnablement appeler un effondrement, les appels de scientifiques se succèdent pour réclamer « un changement radical de société pour éviter une perte dramatique de biodiversité et une misère généralisée ».  [Source: La Une de Le Monde, 14 nov 2017]. Mais la rentabilité à court terme est pour l’instant toujours prioritaire devant la prise en compte de l’effondrement.


La Transition Écologique et Citoyenne

Ce constat est douloureux pour les défenseurs de l’environnement: près de cinquante ans d’activisme politique sur le climat et sur le gaspillage des ressources, auprès des décideurs politiques, économiques et industriels, ne réussissent toujours pas à modifier un système basé sur une croissance infinie. Face à cet échec, des actions se montent partout dans le monde, dans une vision pragmatique et positive, pour démontrer que le changement peut s’opérer d’en bas, du citoyen, du consommateur, de chaque  territoire. Ce mouvement n’est pas une révolution, un bouleversement soudain, mais une transition. Une transition d’un modèle fermé et aveugle vers un modèle ouvert sur le monde, solidaire et résilient. Un monde conscient de son état. Une transition écologique et citoyenne.

Transition écologique, parce que la protection de notre biotope est une priorité, parce que nous ne pouvons plus ignorer la responsabilité de nos systèmes techniques et politiques dans l’effondrement de la biodiversité et le gaspillage des ressources. Parce que des solutions basées sur des ressources naturelles renouvelables pourraient se substituer à la finitude et au gaspillage de ressources, dans le parfait respect de notre planète. Il ne s’agit pas de retourner à la bougie, mais de construire des phases de transition technologique et politique qui nous amènent à long terme à améliorer notre niveau de vie, réduire puis réparer les dommages à la planète, réduire les inégalités, construire une harmonie symbiotique avec notre environnement, dans une sobriété de moyens et de ressources.


Transition citoyenne, parce que seul le comportement des citoyens peut être efficace face à l’impuissance ou la complicité des des États devant les forces financières et industrielles qui portent le modèle actuel. Parce que seules les forces de cohésion issues de notre humanité sont capables de pacifier un monde qui sera en grand bouleversement et grande difficulté. Cette transition citoyenne commence par la réhabilitation ou la mise en place d’un pouvoir de décision à l’échelle du citoyen. Les techniques de démocratie horizontale, basées sur des notions de coopération et d’échange, dans un modèle sans hiérarchie de pouvoir, mais de confiance, permettent d’abolir les rapports de force et de contrôle autoritaire issus des systèmes pyramidaux traditionnels. Cette démocratie réelle, en émergence sur tous les continents, et à toutes échelles, est à la portée de tout collectif de citoyens bien informés.


Un action démocratique, culturelle et sociale.

La Transition Écologique et Citoyenne est une action directe sur les systèmes politiques, économiques et industriels. C’est une action démocratique, culturelle et sociale, car elle met en œuvre des mécanismes au plus proche de la population, sur la base d’une conscience collective qui est intrinsèquement culturelle. Elle porte par nature les mécanismes de solidarité aboutissant à réduction des inégalités. Nous découvrirons aux Assises de la Transition Écologique et Citoyenne Alpes Maritimes Alpes du Sud, que la transition est également en œuvre dans notre département et dans les territoires proches du 06.

Nice, Campus Universitaire St Jean d’Angély, entre le 28 octobre et le 2 novembre 2018:

Pendant une semaine, les Assises de la Transition Alpes-Maritimes | Alpes du Sud vont accueillir plus d’une centaine d’intervenants issus du département ou des zones proches: Var, Alpes de Haute-Provence, Hautes-Alpes, Sud Piémont, Ouest Ligurie. Nous leur ferons bon accueil.

Fondateurs et animateurs d’initiatives, chercheurs, élus, experts de terrain, responsables de collectifs, enseignants, mais également citoyens, jeunes et moins jeunes, vont découvrir ces nouveaux modèles de coopération et d’action lors de nombreuses présentations. Tous pourront également se rencontrer et débattre au cours des Ateliers de la Transition qui ponctueront chaque journée thématique. Une occasion unique pour orienter notre territoire vers de bonnes directions, lancer des initiatives, pour créer un tissu social vivant, positif et solidaire face aux bouleversements à venir.

 

Découvrez les 10 thématiques des Assises !