Environnement

Les rapports de l’humain à l’environnement sont la thématique principale de ces Assises, celle qui englobe toutes les autres thématiques.

L’environnement du sud des Alpes souffre de phénomènes globaux, issus du réchauffement du climat et de la pollution de la biosphère. Mais il souffre aussi de son activité interne, dont l’importance est mal connue.

La  bande côtière de 15 km de large, entre Mandelieu et Menton, concentre environ 90% des 1 080 000 habitants des Alpes Maritimes, soit environ 990 000 habitants (Chiffres INSEE 2015). C’est une densité importante pour une topologie tourmentée, avec peu de voies de circulation parallèles à la Côte, densité responsable de la plupart des problématiques environnementales: bruit, concentration et saturation des transports, pollutions en tout genre. De ce fait, la Métropole de Nice est la métropole la plus polluée de France tout au long de l’année sur la pollution de l’air, sur les 15 grandes métropoles françaises, devant Paris  ! (Source Métroscope juin 2017).

Le sud des Alpes , Corse et Sardaigne vus de l’espace.

On trouve aussi sur le littoral une importante artificialisation des sols, des problèmes d’alimentation en eau, des problèmes de gestion de déchets, une consommation énergétique importante pour les activités touristiques et leurs transports associés.

Rien ne semble cependant remettre en question cette saturation: on continue à construire, y compris sur des zones officiellement classées inondables, comme, par exemple, à Mandelieu, Cagnes, Nice, Saint-Laurent-du-Var. On continue à détruire des terres agricoles plates ou en terrasse, des corridors écologiques séparant des zones urbanisées, des zones de bio-diversité classées d’importance continentale comme la plaine du Var, couloir de migration européen pour plus d’une centaine de  variétés d’oiseaux migrateurs venant du nord de l’Europe.

Centre commercial géant effaçant une plaine agricole et des zones humides à Cagnes-sur-mer

C’est pourtant le littoral autrefois merveilleux du sud des Alpes qui en a fait son attrait touristique, sa renommée depuis 150 ans. Le département surfe sur cette image, à grand renfort de moyens médiatiques, mais la savante prise de vue, couchée sur papier glacé, ressemble de moins en moins à la réalité. L’attrait historique pour les rivages de cette mer ne demeure possible que dans quelques zones privilégiées. Le littoral n’est pas le seul affecté: les collines et les Préalpes côtières, qui accueillaient des zones nourricières en terrasse, comme on peut toujours le voir en Ligurie voisine, sont maintenant mitées par les résidences individuelles.

Le mitage autour d’Antibes, une zone saturée.

Les changements climatiques sont également une préoccupation dans tout le Nord de la Méditerranée. Entre la baisse de biodiversité, les sècheresses estivales et leurs incendies, ou les épisodes méditerranéens de plus en plus violents, le département doit concevoir des mesures préventives adaptées, et une politique d’aménagement et de développement complètement différente. La gestion des espaces verts, des bassins hydrographiques, des forêts, des montagnes doit évoluer dans un modèle concerté et prévoyant.

L'environnement, notre maison commune.

Les Assises vont tenter de tenter de montrer à l’ensemble de la population, et notamment aux décideur.se.s économiques et politiques, que l’environnement doit être la préoccupation première de tout projet de développement, de toute action de réhabilitation ou d’aménagement. L’environnement ne peut pas être soumis à des temporalités courtes comme celles qui régissent les mandats électoraux ou les activités économiques et financières. L’environnement nécessite une conscience collective du passé et de l’avenir, des évaluations constantes, des réflexions et des engagements à long terme,  notamment dans le cadre des bouleversements profonds qui vont être générés par les crises émergentes.

Agriculture en terrasse dans la vallée Est de Vingtimille, au coeur de l’été.

La Transition écologique du département

C’est bien dans la perspective de changements importants que notre politique environnementale serait avisée de partir dans de nouvelles directions. Nous aurions intérêt à bio-réhabiliter dès que possible les zones les plus artificialisées du territoire, en réimplantant des espaces de biodiversité, de respiration et de calme, des zones agricoles, en gestion collective, à chaque fois qu’une surface se libère. Nous avons intérêt à sanctuariser toutes les terres agricoles en usage ou en friche, y compris les terrasses que l’on trouve jusqu’à haute altitude.

Il en va de notre bien-être, mais aussi de l’avenir de notre alimentation, et de l’ensemble de nos activités économiques: il ne s’agit pas, comme on l’entend souvent, que cette approche soit punitive ou soit une contrainte pour les activités économiques et touristiques, mais au contraire, qu’elle se déploie comme une restitution des attraits historiques du département, mis à mal par plus de 60 ans d’urbanisation forcenée. Il nous faut, par exemple, envisager une vision touristique nouvelle, basée sur un tourisme lent, sain, culturel, vert et éthique, dans le respect du biotope et de ses habitants. Des transports doux. Des zones vertes au coeur de l’urbain. La qualité de vie sur le territoire, toujours en baisse depuis des décennies, gagnera à s’inscrire dans une vision systémique de symbiose avec l’environnement.

 


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Et bien sûr, c’est à un repas BIO ET LOCAL que nous vous convions à la mi-journée ainsi qu’au goûter, concocté par nos meilleurs collectifs de transition alimentaire du département ! INSCRIPTION OBLIGATOIRE afin de prévoir les quantités

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